Le summum du kitsch

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le summum du kitsch

Message par Adrian Sullivan le Lun 21 Mar 2011 - 3:11

Son père ouvrit ses bras, il ne fallut que peu pour que sa petite personne se retrouve enveloppée de la chaleur paternelle, un père géant, aussi blond et angélique que le court adolescent aux allures frêles qu’il serrait contre son torse. Il était rare qu’un père accompagne son enfant à la porte, l’homme arborait ce regard triste et désolé, il hésita à laisser son enfant qu’il étouffait presque. Ses bras dévoilèrent l’ange, son long manteau noir à col de fourrure, de la classe dans ses mouvements, de l’étiquette et surtout de la fluidité quand la semelle de ses souliers de cuir noir retrouvèrent le sol.

Adrian salua son père qui partit en retenant des larmes, lui son visage était d’un calme immobile, sa main se leva pour saluer la limousine qui s’éloignait, à ses côtés étaient multitude de valises larges, lourdes, remplies de tous ses effets personnels. Il avança vers la porte large, travaillée au point d’en être affreusement kitsch, en fait il eut le temps de remettre en question jusqu’au nom de l’établissement qui était puéril au point d’en être enfantin, si oui, le Pensionnat du Bonheur était la clef de son bonheur loin des Belmondes, cela n’empêchait pas que c’était un choix atroce. Il entra, resta estomaqué, presque autant que quand il avait découvert sa chambre chez son père, encore plus quand il avait vu qu’aucun de ses vieux vêtements n’avaient eu la chance de le suivre de New York à Munich. Le kitsch de l’endroit marquait pourtant l’austérité d’un établissement pour garçon, le tout demeurait d’une masculinité et d’une efficacité surprenante, jusqu’à la carte de l’établissement peinte sur le tableau à l’extrémité de la salle dans lesquels ses pas faisaient écho. Tableaux, livres, banquettes, tout était kitchement - était-ce un mot?- beau.

Il replaça donc ses gants tachés de peinture, lui monta au nez les effluves d’un déjeuner matinal qu’il avait raté alors que les étudiants n’étaient pas encore en classe et tira avec aise ses valises au poids imposant jusque dans le milieu de la pièce où il se sentit minuscule, l’image étonna quelques jeunes qui passaient et qu’il se permit de saluer. La majorité de ses effets étaient déjà dans sa chambre, soit son oreiller préféré, ses consoles, et un amalgame de cadeaux que « papa » lui avait offert à la seconde où il avait montré de l’intérêt, allant de peinture et toiles à iPad en passant par des gants blancs en froufrou trop doux. Il était l’enfant le plus gâté et qui avait eu droit à plus de temps en compagnie de son père en huit mois que ses frères et sœurs dans l’intégrité de leur vie.

Il attendit donc, il attendait qui et quoi en fait?
avatar
Adrian Sullivan
Elève de seconde

Masculin
Nombre de messages : 13
Age : 27
Date d'inscription : 19/03/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le summum du kitsch

Message par Reno Montague le Mar 29 Mar 2011 - 22:23

Un ronchonnement se fit entendre dans les dortoirs des Fox qui semblaient déjà complètement débarrassés de leurs résidents pour la matinée. Malgré l'heure plutôt tardive en considération des horaires habituels de l'établissement, ce fut avec au dessus d'une bouille bien fatiguée qu'une tête ébouriffée émergea d'un oreiller en bonne voie de se retrouver par terre.
Reno sortait Enfin de sa moite léthargie. Il jeta un bref coup d'œil à sa montre dont les aiguilles semblaient vouloir refuser d'indiquer une heure qui lui permettrait d'arriver à l'heure pour le petit-déjeuner.

Il parvint finalement à se lever dans un bâillement digne du plus endormi des ours. Il ne semblait pas très pressé de rejoindre sa salle de cours. A vrai dire, on aurait même pu croire qu'il prenait le plus de temps possible à s'habiller dans le seul but d'arriver en retard.
Après une brève séquence de débarbouillage, il prit la peine de jeter un dernier coup d'œil à son reflet dans la glace de la salle de bains vide de toute âme qui vive. Une main dans les cheveux pour les ébouriffer encore un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà, ses éternelles lunettes de soleil retenant sagement ses mèches rebelles ainsi qu'un geste habitué pour détendre sa cravate qui avait plutôt tendance à le gêner qu'autre chose et le voilà prêt. Un dernier détail... Il pressa sa paume contre l'extérieur de sa cuisse gauche et y trouva une forme dure et familière. Bien, il avait tout le nécessaire pour passer une journée plus ou moins potable.

Ce fut sans se presser, les mains fourrées dans ses poches de manière désinvolte, qu'il descendit les escaliers menant au hall d'entrée. Cependant, au lieu de s'arrêter à l'étage des salles de cours où déjà des groupes de garçons s'attroupaient, il poursuivit sa descente jusqu'au Hall d'Entrée. Il était encore bien trop tôt pour s'enfermer dans une salle de classe selon ce que lui indiquait son horloge interne.
Non, d'abord, un crochet par la cafétéria s'imposait. Il pouvait déjà sentir l'odeur du bon café chaud qui l'attendait... La grande salle était presque vide elle aussi. Seuls quelques professeurs qui n'avaient pas cours et de rares retardataires s'y trouvaient. C'était habituel pour le rouquin de voir la salle dans cet état. Il en était de même pour lui presque tous les matins.

Malgré le calme plaisant qui régnait sur les lieux, Reno préféra embarquer son café et son croissant plus loin. Pourquoi ne pas aller déjeuner dehors, tiens? Il ne faisait pas trop froid après tout.
Malheureusement pour lui, sa petite escapade matinale se vit légèrement ajournée.
En effet, devant l'entrée se tenait un jeune blond entouré de valises plus grosses les unes que les autres. Il devina sans peine qu'ils accueillaient un nouveau venu au sein du pensionnat. "Pauvre âme..." fut la toute première pensée qui lui apparut.
A vrai dire, il ne se plaisait que guère en ces lieux et aurait donné à peu près n'importe quoi pour en sortir... s'il pouvait trouver quoi que soit de mieux au-dehors. Il ne souhaitait donc à personne de se retrouver à sa place.
Le jeune semblait tellement perdu au milieu de ses affaires, si bien que Reno ne put s'empêcher d'en placer une.

- Si tu cherches la sortie, c'est derrière toi. Sauf si tu préfères la fenêtre que j'allais justement emprunter. Café?

Il s'appuya négligemment contre un mur proche, sa main qui tenait sa tasse de café encore fumante tendue vers nouveau venu , lui adressant un regard vaguement railleur mais tout de même plutôt amical. Aucune agressivité dans sa voix, non. Plutôt un petit air joueur mais rien de bien méchant.
Au milieu de toutes ces dorures et autres fioritures kitsch, le jeune homme faisait presque tache. Du moins, il contrastait de manière assez étonnante avec cet environnement.

Accueillir les nouveaux, c'était tout sauf son boulot, mais étant donné qu'aucun des supposés à cette tâche n'étaient présents, il se permettait d'ajouter son petit grain de sel. Du moins jusqu'à ce que quelqu'un d'autre ne débarque. Le cas échéant, il se carapaterait en vitesse!
avatar
Reno Montague
Elève de seconde

Féminin
Nombre de messages : 46
Age : 25
Localisation : A quatre pattes sous le bureau de mon patron.
Humeur : Ferme les yeux, ouvre la bouche.
Date d'inscription : 18/12/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum